ICONE DE LA PRESENTATION DE JESUS AU TEMPLE

La Présentation de Jésus au Temple ou la Sainte Rencontre

 

Cette icône met en avant la joie de la rencontre entre l’Ancien et le Nouveau Testament. En Siméon et Anne, comme l’explique Benoît XVI, « c’est toute l’Ancienne Alliance qui exprime la joie de la rencontre avec le Rédempteur » (Homélie du 2 février 2011). C’est une rencontre joyeuse entre observance et prophétie, provoquée par le Saint Esprit, où, comme dit le pape François, les jeunes sont les observants et les personnes âgées sont les prophètes. Mais aussi, l’action de l’Esprit n’est pas que du côté d’Anne et Siméon. L’observance de la Loi est animée par l’Esprit Saint. Qui, plus que Marie, est  docile à l’action de l’Esprit ? (Homélie pour la fête de la Présentation du Seigneur, le 2 février 2014).

Le thème de la lumière y est présent. L’icône contient ce symbole de la lumière. Elle part du Christ et rayonne sur Marie, Joseph, Anne et Siméon. Par là, elle vient illuminer tout homme, donnant sens à la parole prophétique de Siméon. Cette lumière, s’irradiant vers chacun de nous, nous invite à entrer dans ce chemin spirituel où la Lumière est le Christ lui-même. En effet, « le propre de la sainteté est de sanctifier ce qui l’entoure » (OUSPENSKY Léonide, La théologie de l’icône. Cerf, Paris, 2007, p.169.)

Cette lumière, dans l’icône, se retrouve non seulement dans les éclaircissements, dans le fond doré, que l’on appelle « lumière » dans le langage iconographique, mais aussi dans le fait que tous ont une auréole, expression extérieure de la sainteté, témoignage de la lumière qui fait resplendir le visage de tous « plus que le soleil ». (Idem, p.157.)

Le Christ  n’est pas représenté comme un enfant, mais comme un petit homme assis dans les bras de Siméon comme sur un trône. Il lève une main, bénissant, et de l’autre, tient un rouleau. Jésus, Parole de Dieu, est la Lumière du monde qui éclaire tout homme (Jn 9, 1-7). Il se laisse porter par Siméon. Le bienheureux Guerric d’Igny, abbé cistercien du XIIème siècle, invitait à vivre de cette parole dans la joie, à être ardent en dévotion et resplendissants en nos œuvres. C’est ainsi qu’avec Siméon « nous porterons le Christ dans nos mains. »

Le thème de la venue de Dieu dans le monde se retrouve dans l’icône, Jésus ayant des traits de lumière sur son vêtement. C’est lui le Roi de gloire qu’annonce le psaume 23, « qui est le Roi de gloire ? C’est le Seigneur, le fort, le vaillant », il entre dans le Temple de Jérusalem et se trouve au centre de la scène, lui dont le Règne n’est pas de ce monde (Jn 18, 36). Le Peuple d’Israël attend un Messie grand et fort, et Jésus est présenté tout petit, humble. Il est petit, mais ce n’est pas un enfant, c’est un enseignant, le Maître et Seigneur. Comme dit saint Pierre Chrysologue, « l’amour n’a pas de mesure. » C’est ce même amour qui nous fait reconnaître Dieu en ce petit enfant.

Dans l’icône, l’autel est au centre de la scène. Marie offre son enfant à Siméon devant l’autel, où l’on immolait les agneaux apportés par les familles riches. Ici, la figure de l’Agneau est associée à Jésus qui offrira sa vie pour nous sauver. Il est « l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ».

Marie, Mère de Dieu et notre Mère, présente son fils à Siméon, étendant ses deux mains recouvertes du maphorion en un geste d’offrande. Étant la Virgo offerens, elle offre son Fils pour le salut du monde, Jésus étant le Sauveur de tous. Les paroles de Siméon concernant Jésus et Marie se réalisent sur le Calvaire,  «  mystère de salut, qui sous divers aspects, oriente l’épisode de la Présentation au Temple vers l’événement salvifique de la Croix. » (Marialis Cultus nº20). A travers ce geste, on peut percevoir le rôle de Marie dans l’histoire du Salut. Dans son amour infini, le Père offre à toute personne le modèle de Marie, qui s’efface devant son Fils, indiquant « le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14, 6). Par Marie, on est invité à aller à Jésus. Comme dit Paul VI, « C’est en Marie que l’Église du Christ nous indique l’exemple pour recevoir le Verbe de Dieu dans nos âmes de la manière la plus digne » (Signum Magnum, deuxième partie, nº3).

Le maphorion est un manteau portée historiquement par les princesses byzantines. Les petites étoiles que l’on y retrouve montrent qu’elle est vierge avant, pendant et après la naissance du Christ. Chacune des étoiles a 8 branches, signe de la résurrection. L’icône a été écrite à la lumière de la mort et résurrection du Christ.

Siméon, dont le nom  est dérivé du verbe Shama, qui signifie « entendre, » a été « divinement averti par l’Esprit Saint qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ du Seigneur » (Lc 2, 26) Sur l’icône, on le voit penché en avant en signe de respect et recevant  Jésus des mains de Marie dans ses deux mains recouvertes de son vêtement, geste d’adoration. Il fait de ses mains un trône et a envers Jésus l’attitude de celui qui accueille et écoute la Parole de Dieu. C’est l’attitude du disciple, qui accueille la Parole et la met en pratique (Lc 8, 21). C’est aussi le geste de celui qui reçoit Jésus hostie lors de la communion.

Il porte la longue chevelure d’un nazir, c’est-à-dire, d’un homme consacré à Dieu. Sa chevelure est agitée par le vent de l’Esprit.

Siméon, bénissant Marie et Joseph et exprimant la joie d’avoir vu « le Salut que le Seigneur préparait à la face des peuples », irradie de paix. Portant la Lumière dans ses mains,  il est illuminé par le Christ. (Bienheureux Guerric d’Igny, abbé cistercien, Sermon 1 pour la Purification) Ses cheveux sont représentés comme des petites flammes. Ses paroles confirment la vérité de l’Annonciation (Redemptoris Mater nº16)

Cette scène manifeste la sagesse de Siméon et Anne, sagesse d’une vie totalement consacrée à la recherche du visage de Dieu, de ses signes et de sa volonté (Benoît XVI, 2 fev 2011), sans rechercher ni grandeur ni richesse du point de vue humain.

Saint Joseph suit la Mère de Dieu, tenant dans ses mains l’offrande de parents pauvres, comme le stipule le Lévitique (Lv 12, 8). Ces oiseaux symbolisent Israël et les Gentils, mais aussi les deux Testaments, dont le Christ est l’unique Tête.

Si l’on regarde de plus près l’évangile de Luc quand il parle de Marie et Joseph, il dit à quatre reprises dans ce passage qu’ils accomplissent la Loi du Seigneur (Lc 2, 22.23.24.27). Ce qui correspond bien à ce que dit Matthieu concernant Joseph, « homme juste » (Mt 1, 19), c’est-à-dire ajusté à la Volonté de Dieu. Cette insistance, en Luc, souligne la joie que Marie et Joseph avaient d’accomplir les préceptes de Dieu, comme il est dit dans le psaume 119, « je trouve en tes volontés mes délices, je n’oublie pas ta parole. […] Que m’advienne ta tendresse et je vivrai, car ta Loi fait mes délices » (Ps 119, 16.77).

Sainte Anne, fille de Phanuel, se tient en arrière plan, derrière Siméon, comme saint Joseph. Elle bénit d’une main du geste de bénédiction que l’on a l’habitude de voir dans les icônes, et tient un rouleau fermé dans sa main. Consacrée à Dieu, c’est-à-dire, mise à part pour Son service, poussée par l’Esprit, elle prophétise. Ce rouleau symbolise sa parole concernant le Messie, qui s’incarne dans le monde pour sauver tout être humain Ses vêtements sont en mouvements, montrant l’action de l’Esprit Saint en elle. Par son attitude, elle invite chacune d’entre nous à sortir, poussée par l’Esprit Saint, pour aller à la rencontre du Christ et témoigner de cette venue du Christ dans notre monde, aujourd’hui.

Dans les évangiles de l’enfance, nous voyons que ceux qui reconnaissent Jésus comme le Messie attendu sont ceux qui ont le cœur ouvert et qui écoutent la Parole de Dieu (Mt 11, 25-30).

La fête de la Présentation de Jésus au Temple est aussi celle de la vie consacrée. Marie et Joseph nous offrent Jésus. Nous sommes invitées à l’accueillir dans nos vies, à nous laisser illuminer par Celui qui est la Parole de Dieu. Comme Anne et Siméon, laissons-nous être guidées par l’Esprit Saint et vivons cette Rencontre lumineuse dans la joie.

Soeur Laure Marie Faivre d’Arcier

 

 

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