Soeurs de Marie Joseph et de la Miséricorde
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Sainte Marie Madeleine

L’Apôtre des Apôtres, apôtre de la miséricorde

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  • 19 juillet 2017
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Marie-Madeleine, “l’apôtre des Apôtres” comme l’appelle saint Thomas d’Aquin, est
« fêtée » par toute l’Église le 22 juillet


Qu’est-ce que toucher Jésus ? Saint Augustin Sermons au peuple, sermon 243, OC 18, p. 252s

Dans le récit de l’évangile de la résurrection du Seigneur, une chose fait difficulté : on se demande pourquoi Notre Seigneur dit à Marie-Madeleine qui cherchait à toucher le corps de Jésus, qui cherchait à le tenir : Ne me touche point, car je ne suis pas encore remonté vers mon Père. Je vous ai déjà dit et vous ne devez pas l’oublier, que les quatre évangélistes ne rapportent pas toutes les circonstances d’un fait ; les uns racontent ce que les autres passent sous silence.

N’allons pas en conclure cependant qu’il y ait en eux contradiction ! Il suffit, pour s’en convaincre, de les étudier sans esprit de contention, et avec une piété éclairée. Nous lisons dans l’évangile selon saint Matthieu que notre Seigneur, après sa résurrection, se présenta à deux femmes dont une était Marie, et leur dit : Je vous salue. Or, elles s’approchèrent de lui, embrassèrent ses pieds, et l’adorèrent. Et cependant, il n’était pas encore remonté vers son Père ! comment donc dit-il maintenant à Marie-Madeleine : Ne me touche pas, car je ne suis pas encore remonté vers mon Père ?

En effet, ces paroles semblent exprimer que Marie pourrait le toucher lorsqu’il serait remonté dans le ciel. Or, si elle ne peut le toucher lorsqu’il est encore sur la terre, quel mortel peut espérer le faire maintenant qu’il est assis au plus haut des cieux ? Cette action de toucher est le symbole de la foi. Toucher Jésus-Christ, c’est croire en Jésus Christ. Marie-Madeleine a qui Notre Seigneur dit : Ne me touche point, car je ne suis pas encore remonté vers mon Père, semble représenter la personne même de l’Eglise qui a cru en Jésus Christ lorsqu’il fut remonté vers son Père.

En effet, je vous le demande, quand avez-vous cru en Jésus Christ ? Je fais la même question à l’Eglise répandue par toute la terre et qui était figurée par cette femme : J’ai cru alors que Jésus fut remonté vers son Père. Que signifient ces paroles : J’ai cru, alors que j’ai touché ?

Il est beaucoup d’hommes charnels qui n’ont vu dans Jésus Christ qu’un homme, et n’ont point compris la divinité qui était voilée par son humanité. Ils n’ont pas bien touché parce que leur foi n’a pas été ce qu’elle devait être. Voulez-vous bien toucher Jésus Christ ? Croyez qu’il est coéternel au Père. Mais si vous le regardez comme un homme, si vous ne voyez rien autre chose, il n’est pas encore remonté pour vous vers son Père

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Père Henri-Dominique Lacordaire Sainte Marie-Madeleine, chapitre 5 

A la porte de son tombeau, à l’aube de sa résurrection, Jésus s’adresse directement à Marie-Madeleine. Ecoutons, nous aussi, ces dernières paroles tombées des lèvres du Christ dans l’âme de son amie, méditons-les.

Femme, pourquoi pleures tu ? Jésus ne lui avait point dit cela lorsque, au jour de sa conversion, elle pleurait à ses pieds. L’heure des larmes est passée : la pénitence, la croix, la mort, le tombeau, tout a disparu dans les splendeurs de la résurrection. Marie, désormais, n’a plus à pleurer que ces larmes qui sont éternelles dans le cœur des saints, parce que c’est Dieu qui les cause, et l’extase qui les répand.

Qui cherches-tu ? Il n’y a plus rien à chercher, Marie, tu as trouvé Celui que tu ne perdras plus. Tu ne le verras plus sur la croix entre les mains de la mort ; tu n’iras plus à son tombeau pour l’y embaumer dans les parfums de la charité. Séparés un moment, tu l’as rejoint dans le lieu où il n’y a rien de ce qui empêche l’union et l’unité.

Marie ! Que ton nom est doux dans la bouche d’un ami, et quand c’est Dieu qui le prononce à voix basse ! Quand Dieu, mort pour nous, ressuscité pour nous, nous appelle par notre nom, quel écho ne remue-t-il pas dans les infinies profondeurs de notre misère ! Marie-Madeleine entendit tout dans son nom : elle entendit le mystère de la résurrection qu’elle ne comprenait pas, elle y entendit l’amour de son Sauveur, et, dans cet amour, elle le reconnut : Maître !, répondit-elle. Un mot lui suffit, comme un mot avait suffi au Fils de Dieu. Plus les âmes s’aiment, plus leur langage est court.

Va trouver mes frères, et dis-leur : Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. C’est le dernier mot du Sauveur à Marie-Madeleine, et ce mot lui donne la révélation du mystère qui va clore le passage du Fils de Dieu parmi nous, et l’œuvre de notre rédemption. Apôtre de l’Ascension près des apôtres eux-mêmes ! Marie en conservera le caractère tout le reste de sa vie. Et nous la verrons tendre au Christ disparu dans les nuées, des élévations qui ne nous surprendront point, car nous croyons aux merveilles de la charité qui aspire, comme nous croyons aux merveilles de la charité qui descend.

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Un décret de la Congrégation du culte divin élève la mémoire de Marie de Magdala, le 22 juillet, au rang de fête dans le calendrier liturgique

Le décret, signé par le cardinal préfet, Robert Sarah, est en date du 3 juin, c’est-à-dire sous le signe de la solennité du Cœur Sacré de Jésus, et sous le signe de l’Année de la miséricorde : il s’agit de fêter en elle la première “apôtre de la miséricorde”.

– “Marie !”
– “Rabbouni !”

L’échange entre le Christ ressuscité et Marie de Magdala, Marie-Madeleine, a inspiré la fameuse fresque du bienheureux Fra Angelico OP, au couvent San Marco de Florence.

Ce passage de l’évangile selon saint Jean (chapitre 20, vv. 11-18) est lu à la messe du mardi de Pâques : « Jésus lui dit alors : “Marie !” Elle se tourne vers lui et lui dit : “Rabbouni !” ce qui veut dire : “Maître” dans la langue des Juifs. Jésus reprend : “Cesse de me tenir, je ne suis pas encore monté vers le Père.

Va plutôt trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu.” Marie Madeleine s’en va donc annoncer aux disciples : “J’ai vu le Seigneur, et voilà ce qu’il m’a dit.” »

Témoin oculaire de la résurrection, elle en a témoigné auprès de la communauté de Jérusalem et c’est bien là le rôle d’un apôtre : rendre témoignage au Christ ressuscité après en avoir fait l’expérience.

Dans L’Osservatore Romamno en italien du 11 juin, Mgr Arthur Roche, secrétaire du dicastère pour la liturgie, souligne qu’il s’agit d’une “décision prise dans le cadre du Jubilé de la miséricorde”.

Il fait observer que le saint pape Jean_Paul II donne une grande importance à Marie-Madeleine dans sa lettre apostolique sur la dignité de la femme, Mulieris dignitatem, rappelant son titre d’apôtre des Apôtres ».

Jean-Paul II voit dans le rôle confié par le Christ à Marie de Magdala la volonté de celui-ci de de transmettre la vérité divine aux femmes aussi, dans un contexte social et religieux où le témoignage d’une femme n’avait pas de poids.

Mgr Roche explique que le décision du pape François s’inscrit dans le cadre du Jubilé de la Miséricorde, pour manifester comment Marie de Magdala est elle-même le premier apôtre de la miséricorde, et un modèle authentique d’évangélisation, fondée sur l’amour du Christ et son amour du Christ.

L’auteur voit dans la méditation du « ne me touche pas », un antidote à la tentation de l’Eglise, du chrétien, d’une « appropriation matérialiste » et d’une « compréhension humaine », réductrice, « du mystère divin » : il s’agit de ne pas rechercher des sécurités humaines ou les titres mondains, mais vivre de la foi dans le Christ vivant et ressuscité.

C’est pourquoi la célébration liturgique de sainte Marie-Madeleine aura dès le 22 juillet prochain « le même caractère festif réservé à la célébration des apôtres dans le calendrier romain afin qu’elle soit un modèle pour toute femme dans l’Église ».

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"L’histoire de Marie de Magdala, rappelle à tous une vérité fondamentale : un disciple du Christ est celui qui, dans l’expérience de la faiblesse humaine, a eu l’humilité de lui demander une aide, a été soigné par Lui, et l’a suivi de près, en se convertissant et devenant témoin de la puissance de son amour miséricordieux, qui est plus fort que le péché et la mort. "

"Marie-Madeleine, qui découvre le sépulcre ouvert et vide, craint immédiatement que le corps du Seigneur n’ait été enlevé. Le Seigneur l’appelle alors par son nom et, à ce moment-là, un profond changement se produit en elle : le découragement et la désorientation se transforment en joie et en enthousiasme. Elle se rend en toute hâte chez les apôtres et annonce : “ j’ai vu le Seigneur “ (Jn 20, 18). Voilà : celui qui rencontre Jésus ressuscité est intérieurement transformé ; on ne peut pas voir le Ressuscité sans croire en lui.

Prions-le afin qu’il appelle chacun de nous par son nom et qu’ainsi il nous convertisse, nous ouvrant à la “vision” de la foi. La foi naît de la rencontre personnelle avec le Christ ressuscité, et devient un élan de courage et de liberté qui fait s’écrier au monde : Jésus est ressuscité et il vit pour toujours. Telle est la mission des disciples du Seigneur de chaque époque et également de notre temps."

Benoît XVI

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