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        Le Manteau de Sainte Thérèse et Marie Thérèse de Lamourous

Le Manteau de Sainte Thérèse et Marie Thérèse de Lamourous

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  • 2 février 2016
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En un style très vivant, qui n’est pas sans faire penser parfois à la marquise de Sévigné, la Bonne Mère de Lamourous divertit ses directrices et les "pénitentes de la Miséricorde", en leur racontant comment elle a vu le manteau de sainte Thérèse d’Avila et a pu le mettre sur ses propres épaules. 11 mars 1813


« …Paris ne m’a paru bon qu’un jour. Toutes ses beautés ne sont belles que pour les cœurs qui n’ont pas d’enfants comme moi. Mais, me demanderez-vous, quel est donc ce seul jour où il vous a procure de plaisir ? Oui, mes enfants, un grand plaisir, qui aurait été parfait si j’avais pu le partager avec vous. Le voici ce plaisir, il mérite bien une feuille de plus. Commençons, je vous ai déjà mandé que j’avais découvert où était le manteau de Sainte Thérèse. J’ai tant prié ma religieuse de me mener aux carmélites qui le possèdent, de mères en filles, depuis sa mort, que j’y ai été.
Ouvrez bien vos oreilles ! On m’a fait entrer dans la maison. Jugez avec quelle avidité j’ai vu les cellules, le réfectoire sans nappe, les cuillères de bois et les assiettes de terre !

Mais, qu’était-ce auprès de la petite église décorée du vrai portrait de mon aimable sainte, et des tableaux faits par les meilleurs maitres, et si expressifs qu’il semble voir la réalité etc… De là, j’ai passé dans la salle de communauté. C’est là qu’il y a toutes espèces de portraits de ma sainte et d’autres carmélites, faits par les meilleurs peintres et véritables. Mais je ne pourrais particulièrement vous rendre la beauté d’un crucifix. La plaie du côté est rendue si parfaitement que l’effusion du sang qui en coule cause un saisissement qui fait mal au corps. Toute cette longue salle est garnie des peintures de toute beauté ; Entre autres, plusieurs saintes Thérèse, les compagnes qu’elle amenait à ses fondations, celles qui ont fondé, par son ordre, en France, dont la principale aimait tellement ses filles comme les miennes, qu’avant d’être carmélite, elle en avait réuni plusieurs chez elle. Ainsi, la supérieure actuelle m’a invité de recommander aux miennes de l’invoquer avec confiance.

Il y a de plus, dans cette précieuse salle, quatre lettres bien encadrées, et écrites de la propre main de sainte Thérèse, de la fondatrice de France, de saint Charles Borromée et de saint François de Sales. Jugez de quels yeux je voulais lire tout cela, et deviner ce que je ne comprenais pas ; car je ne voulais pas perdre le temps de l’étudier.

Et le manteau, dites-vous, où est-il donc ? Attendez, chers enfants, attendez, nous n’y sommes pas encore. Il faut, avant, ouvrir une grosse armoire, et tirer un reliquaire qui contient des cheveux et des vêtements de la très sainte Vierge et de saint Joseph, de la chair de saint Jean l’évangéliste, etc… puis un autre reliquaire tout plein de sainte Thérèse ; d’abord, un doigt tout entier, c’est l’index, celui qui a tant écrit sous la dicté du Saint Esprit ; ensuite de l’huile qui découla de son cœur, de sa chair etc… puis des reliques immenses, comme os de jambes, de bras etc… des apôtres et des autres saints, enfin tant qu’une armoire, grande comme un placard de ma chambre, en est tout plein. Je vous entends dire : mais où est donc le manteau ?

Nous y voilà. Dans le bas de cette armoire est un étage fermant, comme il y en a un à mon placard. Là, est dans une caisse, enveloppé dans un taffetas cramoisi, ce précieux manteau.

Il va à merveille à ma taille. Jugez de ma joie, quand il couvrit mes épaules ! Je l’attachai avec la virole de bois, qui est crasseuse ainsi que le cordon qui s’entrelace dans la virole. Représentez-vous, s’il est possible, le plaisir qu’avais, en considérant la crasse de sainte Thérèse !... Le manteau est vieux, passé de laine, et même rapiécé.

Comme je baisais cette pièce que je me figure qu’elle posa elle-même ! Je gardais ce cher manteau joliment longtemps. Je me tournais, me retournais, l’embrassais, le serrai sur moi. J’en remarquais tout, même les petites tâches, qui me semblaient être du tabac espagnol.

Qu’on lise cela je vous prie au bon père Canteloup. Enfin, il faut céder aux instances de ma religieuse et quitter mon précieux manteau. C’est parce que ces carmélites sont la première maison de paris qu’elles ont tant des saints trésors, qui étaient enfermés avant la Révolution dans des reliquaires d’or massif, garnis de pierres précieuses, qu’y avaient apportés ou attirés les sujets marquants de la maison, comme les Lavallières* dont j’ai vu les portraits, Mlle d’Epernon**, héritière d’importance etc…

La Révolution a emporté les reliquaires, mais a laissé les reliques. Le manteau servit à Mme. Louise***, quand elle fit profession. Mme. Louise l’envoya chercher, mais les carmélites qui n’aient pas celles où Mme. Louise était, le refusèrent, parce que jamais il ne leur a été permis de le laisser sortir de chez elles. Cependant Mme. Louise y tenait, et le nonce du Pape alla le chercher, et promis de le rapporter lui-même après la cérémonie : ce qu’il fit. Les cardinaux, du moins ceux qui le savent, vont aux carmélites pour le mettre sur leurs épaules. Cette maison n’est pas encore décloitrée. On a vendu leur local, mais elles en rachètent ceux qu’elles peuvent…. »

**************************

*Louise de la Baume Le Blanc, duchesse de la Vallière, qui après avoir été favorite de louis XIV, finit ses jours au carmel (1644-1710)
** Anne louise Christine de Foix de la valette, fille de Bernard de Nogaret de la valette, duc d’Epernon, née vers 1624, morte à Paris en 1701, au couvent des carmélites, que Mme. Acarie venait de fonder rue saint jacques. Elle portait en religion le nom de sœur Anne Marie de Jésus.
*** Louise marie de France, fille de Louis XV et de Marie Leczinska (1737-1787). Elle s’était retirée au carmel de saint Denis

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