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        La miséricorde de Dieu vue par la Petite Thérèse

La miséricorde de Dieu vue par la Petite Thérèse

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  • 30 septembre 2015
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La miséricorde de Dieu A moi, Dieu a donné sa miséricorde « Je ne puis craindre un Dieu qui s’est fait pour moi si petit... je l’aime !... car Il n’est qu’amour et miséricorde ! »

LT 26


Un Dieu de miséricorde

A une époque marquée par la représentation d’un Dieu de justice et la peur du jugement, Thérèse va nous rappeler que Dieu est avant tout miséricorde, un Père plein de tendresse pour ses enfants, particulièrement pour les plus petits, ceux qui se reconnaissent pauvres et impuissants.

Les fautes ne sont pour elle qu’occasion de s’en remettre à Lui : « Le souvenir de mes fautes m’humilie, me porte à ne jamais m’appuyer sur ma force qui n’est que faiblesse, mais plus encore ce souvenir me parle de miséricorde et d’amour. Comment, lorsqu’on jette ses fautes avec une confiance toute filiale dans le brasier dévorant de l’amour, comment ne seraient-elles pas consumées sans retour ?  » (LT247 à l’Abbé Bellière).

Ce sens de la miséricorde est crucial dans les derniers mois de sa vie, quand elle passe par l’épreuve de la nuit de la foi. Durant cette période, elle est assaillie de telles tentations qu’elle comprend mieux ce que vivent les plus grands pécheurs. Pourtant, elle ne cesse de croire en la miséricorde infinie de Dieu pour celui qui revient vers lui.

Elle va jusqu’à dire, en juillet 1897, à sa sœur Pauline : « Dites bien, ma Mère, que si j’avais commis tous les crimes possibles, j’aurais toujours la même confiance, je sens que toute cette multitude d’offenses serait comme une goutte d’eau jetée dans un brasier ardent ». (Derniers entretiens 11 juillet 1897)

Sa dernière lettre, à l’abbé Bellière, en août 1897, se termine par ces mots : « Je ne puis craindre un Dieu qui s’est fait pour moi si petit... Je l’aime !... Car il n’est qu’amour et miséricorde ! » (LT 263)

****************

La miséricorde de Dieu a été vue par la Petite Thérèse d’une façon très particulière. Pour Thérèse, en Dieu, tout allait vers l’infini. Elle voyait donc la miséricorde de Dieu au même titre que sa toute-puissance, que sa gloire, que son amour. Thérèse a considéré la miséricorde à la mesure aussi de son impuissance. À travers le sentiment de son impuissance, elle sait qu’il lui faut un répondant à la miséricorde et elle va le chercher avec une audace sans pareille et une confiance sans borne dans les mérites de Jésus, de la Vierge Marie et de tous les saints... de l’Église.

Thérèse elle-même, comme elle le dit dans son Acte d’Offrande à l’Amour Miséricordieux, ne veut pas amasser de mérites pour le ciel. Elle veut travailler gratuitement, sachant que ses propres ouvres n’ont de valeur que celle que Dieu veut leur donner, c’est-à-dire Lui-même. « Je veux... recevoir de votre Amour la possession éternelle de Vous-Même ». Ce que va chercher Thérèse dans la miséricorde vaut plus que tous les biens créés, c’est la possession de Dieu. À travers la miséricorde, Thérèse ne peut se satisfaire que de l’Amour dont elle se veut victime volontaire, comme Jésus.

A moi, Dieu a donné sa miséricorde infinie

De plus en plus, Thérèse était fascinée par la miséricorde infinie du Père. Quelques mois avant de prononcer son Acte d’Offrande à l’Amour Miséricordieux (juin 1895), Thérèse donnait forme à sa Petite Voie de l’Enfance Spirituelle. Arrivée presqu’au sommet de sa vie, il lui devient clair que l’appel du Seigneur l’attire dans ce sens de la miséricorde toute faite de confiance : « À moi, dit-elle, Il a donné sa Miséricorde infinie » (Ms A, 83v°).

Thérèse, un véritable volcan d’Amour !
Thérèse avait déjà eu la grâce, étant jeune, d’avoir dans sa vie une image de père un peu exceptionnelle (affectivement parlant). On comprend aisément qu’il lui ait été possible alors de projeter sur son Dieu quelque chose de la tendresse dont elle avait été l’objet de la part de monsieur Martin.

On saisit vite la résonance qu’avait sous sa plume et dans son cour son expression « Papa Bon Dieu ! » « Je voudrais L’aimer, L’aimer plus qu’Il n’a jamais été aimé ! » ( LT 74 ) On peut dire qu’à cet égard elle avait hérité du feu de la « Madre Teresa d’Avila » qui disait qu’elle accepterait volontiers que certains soient plus saints qu’elle au Ciel, mais que jamais ( ! ) elle ne tolérerait que quelqu’un d’autre n’aimât Jésus plus qu’elle !!! Quelle belle parenté d’Amour ! Petite Thérèse disait que « l’Amour l’avait choisie » : « Il me semble que si toutes les créatures avaient les mêmes grâces que moi, le Bon Dieu ne serait craint de personne, mais aimé jusqu’à la folie, et que par amour et non pas en tremblant, jamais aucune âme ne consentirait à Lui faire de la peine. » (Ms A, 83v°) Oui, Thérèse est un véritable volcan d’Amour !

L’Amour miséricordieux du Père

Ce en quoi Thérèse nous ressemble le plus, c’est au plan de son impuissance native à devenir sainte... Elle apprend elle-même, et elle nous l’enseigne, qu’il n’y a que Dieu qui puisse vraiment donner Dieu à une âme. À un moment donné, elle est frappée par deux textes de l’Ancien Testament :

« Si quelqu’un est TOUT PETIT, qu’il vienne à moi. » (Pr 9, 4)

« Comme une mère caresse son enfant, ainsi je vous consolerai, je vous porterai sur mon sein et je vous balancerai sur mes genoux. » (Is 66, 13.12)

Ces paroles furent pour Thérèse une révélation inouïe : « Ah ! jamais paroles plus tendres, plus mélodieuses, ne sont venues réjouir mon âme. » (Ms C, 3r°)

Pour Thérèse, Dieu devient le plus tendre des pères doué d’un cour plus que maternel. Cela me fait penser à cette petite fille de la catéchèse qui disait : « Le Bon Dieu, c’est un papa qui nous aime comme une maman ! » Les Petits ont parfois le sens de la synthétisation théologique !

Ainsi Thérèse se fait-elle toute proche de la Parole de Dieu qui nous présente Jésus comme le Grand Prêtre miséricordieux (Hé 2, 17), lui qui nous découvre le cour miséricordieux de son Abba (papa) et du nôtre. Saint Paul, de son côté, qualifie Dieu de « Père des miséricordes » (2 Co 1, 3). Or, est miséricordieux celui qui a le cour ouvert à la misère de... (misericor, en latin). Gustave Thibon écrit : « La miséricorde de Dieu descend toujours plus bas que ne tombe la misère de l’homme ».

Petite Thérèse, dans son impétueuse recherche de l’Absolu, débouche en plein cour de notre foi chrétienne... elle aboutit à l’Amour. Et l’Amour, c’est Dieu (1 Jn 4, 8). Elle nous conduit avec elle directement à ce Dieu-Amour : « Papa Bon Dieu ». Cet Amour-là la projette au cour de l’Église... qui est « Jésus continué ». C’est là que Thérèse découvre sa mission ecclésiale : « Dans le cour de l’Église, ma Mère, je serai l’Amour » et « Aimer et faire Aimer l’Amour » ! Son amour fou pour Dieu miséricorde lui fera écrire : « Oui je le sens, quand même j’aurais sur la conscience tous les péchés qui se peuvent commettre, j’irais le cour brisé de repentir me jeter dans les bras de Jésus, car je sais combien Il chérit l’enfant prodigue qui revient à Lui. » (Ms C, 36v°)

Message à notre monde en mal de Dieu

Notre monde déboussolé, ce monde aux valeurs éclatées, notre monde en mal de Dieu a besoin d’entendre le message de Petite Thérèse : il a besoin d’être plongé dans l’Amour miséricordieux du Père. Oui, dussé-je avoir sur la conscience tous les péchés du monde, j’irais me jeter dans les bras de ce Père-là dont elle me parle avec tellement de confiance. Nos contemporains ont peur de tout : peur d’eux-mêmes, peur de la guerre, peur d’une débâcle économique possible, peur de la pollution, peur du sida et du cancer, peur de la mort (en tout cas, plus qu’autrefois !)... souvent même peur de Dieu. Oui, nous avons besoin d’un tel message d’espérance.

Demandons à Petite Thérèse de nous prêter ses yeux amoureux : « On n’a rien à craindre de cet Amour, on ne peut en attendre que de la miséricorde ! », nous dit-elle. Si l’on percevait son Dieu avec de tels yeux, personne n’oserait prendre ses distances face à notre Dieu de miséricorde.

P. Jean-Marc Gagnon, C.Ss.R. / E.V.I.R

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