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        A la suite de Saint Benoît

A la suite de Saint Benoît

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  • 11 juillet 2014
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• Qu’est-ce qu’un moine aujourd’hui ?

Pour les moines eux-mêmes, et puis pour les chrétiens, pour l’Eglise, et pour ceux qui sont plus loin, pour le monde qui nous entoure… qu’est-ce que cela veut dire, être moines bénédictins ?
Quel genre de bonne nouvelle devraient être les fils et les filles de saint Benoît pour le monde ?


• Qu’est-ce qu’un moine aujourd’hui ?
Pour les moines eux-mêmes, et puis pour les chrétiens, pour l’Eglise, et pour ceux qui sont plus loin, pour le monde qui nous entoure… qu’est-ce que cela veut dire, être moines bénédictins ?
Quel genre de bonne nouvelle devraient être les fils et les filles de saint Benoît pour le monde ?

Au regard de l’évangile que nous avons entendu, un moine semble être quelqu’un qui a TOUT QUITTE pour suivre Jésus.

Pierre dit « tout quitté ».
Mais Jésus répond « quitté des maisons, des frères, des sœurs, une terre… ».
On n’a jamais TOUT quitté !

Le plus difficile n’est pas forcément de quitter des trésors acquis, mais de quitter des trésors futurs, des rêves, des désirs, des imaginations… C’est pourquoi, face à l’appel du Christ, et notamment dans la vie monastique, le pauvre a autant de travail à faire que le riche ! Le riche doit quitter sa richesse réelle et le pauvre dot quitter sa richesse imaginaire, ses rêves de réussite, ses ambitions.

Sous cet angle, reconnaissons que nous sommes tous des pauvres, affamés et assoiffés de reconnaissance, de réussite, de promotion.
Essayons de mieux cerner ce qu’il s’agit de quitter.
Maisons, frères, sœurs, père, mère, terre : des personnes et des choses…

Aujourd’hui, pour ce qui est des PERSONNES, ce « tout quitter » est devenu suspect ; quitter peut apparaître comme un contre-témoignage.

Pourquoi ? Parce que le monde occidental a perdu ses repères, parce qu’il y a de la désinvolture, de la légèreté, à quitter sa famille, ou même son conjoint, ses enfants, à s’imaginer qu’on va refaire sa vie, tout larguer, repartir à zéro…
Cette facilité à quitter, à changer, à zapper, est un nouveau conformisme qui traduit seulement le mal-être, la faillite d’une société ! Là où il n’y a plus de communion, plus d’amour, il n’y a guère de mérite à partir, à larguer les amarres, à quitter ses proches…
Si quitter est l’acte d’un égoïste, cet acte ne peut pas être évangélique.

Aujourd’hui, les chrétiens seraient plutôt ceux qui essaient d’assumer, assumer leurs liens, leurs familles, surtout quand ceux-là connaissent le handicap, la maladie, le grand âge, bref, le chrétien voudrait être solidaire plutôt qu’individualiste.
Alors le moine a du mal à définir et à vivre son appel, un appel pourtant qui demeure radical, appel à une solidarité nouvelle, autre, qui ne dispense pas de la première mais qui n’en reste pas prisonnier non plus.

Quel est le cap à garder ? Un arrière-plan biblique éclaire l’appel du Christ : « quitter père et mère » ; « l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera… » (Gn 3) :
il y a une finalité, un but, à ce détachement-là, et ce but, c’est un attachement nouveau, un amour, des noces.
On ne quitte les uns que pour parler de l’autre, de l’aimé(e), la femme, la communauté, l’Eglise, le Christ.
Voilà ce qui doit être entendu, perçu, voilà la possible bonne nouvelle !
Et pour ce qui est des CHOSES ?
Dans l’évangile, je remarque que Pierre veut quelque chose, une assurance, une récompense : « qu’est-ce qu’il y aura pour nous ? »
Jésus répond : « douze fois douze fois douze ».
« vous les Douze sur douze trônes pour juger les douze tribus… »
Douze fois douze fois douze, ça veut dire TOUT en termes bibliques, la totalité !

Ce TOUT correspond exactement au TOUT qui est en face : quitte tout, donne tout et tu recevras tout.Si tu lâches vraiment tout, tu recevras vraiment tout.
C’est la grande loi du donner-recevoir : ce que je verse dans tes mains, tu ne peux le recevoir qu’à proportion de la place que tu as faite dans tes mains ; si tes mains sont pleines, je ne peux absolument rien y verser, ça va tomber, il faut d’abord que tu vides tes mains.

Et alors prend tout son sens une autre parole de Jésus, « la mesure dont vous vous servez est celle dont on se servira envers vous. » (Mc 4,24 ; Lc 6,38)
Ouvre tes mains à toi, vide-les, que je les remplisse, il n’y a pas d’autre mesure que celle que tu mets en place toi-même !
L’appel qui touche le moine n’est pas une demi-mesure, pas même une large mesure…
On ne donne pas seulement au début, pour gagner ensuite. Non ! ce que tu auras gagné, il faudra le perdre encore. Ce que tu auras trouvé, il faudra le quitter encore.
Seul ce TOUT est à la hauteur de l’appel.

Le Christ a donné TOUTE sa vie, et le Père en a fait pour nous la vie éternelle, celle que nous recevons dans l’eucharistie. C’est à une pareille transformation de toute notre vie que nous sommes appelés à sa suite.

Amen.
frère David

www.encalcat.com

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